L'accord sur l'énergie qui n'est qu'un leurre L'accord sur l'énergie L'accord suite · Questions parlementaires

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55002246P 3 février 2022

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https://juriel.be/fr/questions-parlementaires/55002246p-accord-energie-qu-leurre-suite-eeaa

Numéro
55002246P
Date
3 février 2022

Sur le document

Collection
Questions parlementaires
Langue du texte
français

Texte

92 paragraphes

Questions parlementaires orales jointes n° 55002246P de monsieur Peter Mertens, n° 55002247P de madame Barbara Pas, et … du 03.02.2022

Chambre, Compte rendu intégral - Commission des Finances et du Budget, 2021-2022, CRIV 55 PLEN 160 d.d. 03.02.2022, p. 1

Intervenants :

Peter Mertens

Barbara Pas

François De Smet

Jean-Marie Dedecker

Florence Reuter

Christian Leysen

Melissa Depraetere

Leen Dierick

Bert Wollants

Malik Ben Achour

Wouter De Vriendt

Questions parlementaires n°:

55002246P

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55002263P

55002264P

L'accord sur l'énergie qui n'est qu'un leurre

L'accord sur l'énergie

L'accord suite à la hausse des prix de l'énergie

L'accord sur l'énergie et les mesures de lutte contre la crise énergétique

L'accord sur les prix de l'énergie

Les mesures prises en vue de soutenir le pouvoir d'achat face à la hausse des prix de l'énergie

Les prix de l'énergie

Peter Mertens: Vivaldi avait une vue plus claire de la succession des saisons que la Vivaldi qui réduit la TVA sur l'électricité au printemps, ce qui signifie qu'avec lui, l'électricité est un produit de base au printemps mais un produit de luxe durant les autres saisons. Quel attrape-nigaud! Le gouvernement ne se rend pas compte que nous traversons actuellement l'une des plus grandes crises des factures de tous les temps. Le montant que nos concitoyens recevront du gouvernement ne leur suffira même pas à payer une seule fois leurs acomptes mensuels. De surcroît, les résidents des maisons de repos et de soins, les personnes chez qui un compteur à budget a été installé ou les résidents d'un immeuble à appartements équipé d'un seul compteur ne bénéficieront nullement d'un bonus. Nous demandons au gouvernement d'instaurer une réduction de TVA tant sur l'électricité que sur le gaz, avec une rétroactivité jusqu'à trois mois en arrière.

Barbara Pas: Comme à son habitude, le gouvernement nous présente des demi-mesures provisoires. Les dissensions qui ont émaillé leur élaboration ont même duré plus longtemps que la durée de validité de ces initiatives. Dès le 1er juillet, l'électricité redeviendra un produit de luxe. Pour pallier l'explosion des prix du gaz durant l'hiver, les citoyens recevront une prime de chauffage… au printemps. Le premier ministre prétend que personne ne restera au bord de la route, mais qu'en sera-t-il des écoles, des communes, des résidents de maisons de repos et de soins et des immeubles à appartements qui ne disposent que d'un seul compteur? Ceux qui se chauffent au gaz naturel ne bénéficieront pas davantage des mesures.

Comment une prime unique de 100 euros va-t-elle aider les nombreux Flamands qui reçoivent des factures d'acompte de 500 à 700 euros par mois? Que vont-ils en faire, acheter une couverture en laine polaire ou un gros pull?

François De Smet: Monsieur le premier ministre, le bon sens aurait voulu que vous baissiez la TVA sur l'électricité et le gaz depuis octobre, et ce, durant tous les mois d'hiver. Vous avez préféré inventer la baisse de la TVA en mode "collection printemps-été", soit du 1er mars au 1er juillet, et axée seulement sur l'électricité. Or ce sont bien les factures de gaz qui ont triplé. De plus, ces ressources sont utilisées, pour 80 % d'entre elles, durant les mois d'hiver. Baisser le tarif du gaz aurait pourtant été tout à fait possible sans léser les consommateurs de mazout, puisqu'il vous aurait suffi simultanément d'étendre le Fonds mazout aux classes moyennes.

Vous n'aidez ni les consommateurs de gaz ni les consommateurs de mazout, mais vous donnez 100 euros à chaque ménage. Vous, moi, chacun ici allons recevoir un chèque de 100 euros. La famille monoparentale qui a du mal à boucler ses fins de mois va recevoir ce montant, Marc Coucke également, tout comme le ménage de six personnes vivant dans une passoire énergétique. Quant au célibataire fortuné, qui a depuis longtemps acheté une pompe à chaleur et isolé son toit et ses murs, il va aussi le recevoir. Comment est-il possible qu'au sein du kern, où sont réunis sept partis, personne ne se soit demandé si, sur le plan social, ce n'était pas profondément injuste?

De surcroît, il était parfaitement possible de cibler. En France, c'est ce qui a été décidé sous la forme d'une aide ciblée et individualisée, grâce à laquelle quiconque gagne moins de 2 000 euros reçoit une prime de chauffage. Pourquoi ne pas avoir fait de même? Vous auriez pu donner plus à un public mieux défini. Cela aurait été plus efficace. Et, s'il vous plaît, ne me dites pas – parce que je vous ai déjà entendu répondre de la sorte – que c'est parce qu'il fallait une mesure facile à prendre et rapide à déployer. En effet, monsieur le premier ministre, ce n'est pas ainsi que l'on défend une mesure qu'on a mis quatre mois à prendre. La vérité est qu'à l'exception du tarif social élargi – dont tout le monde reconnaît le caractère positif –, vos mesures sont paresseuses, laborieuses et insuffisantes, et qu'elles ne vous permettront d'acheter ni la sécurité énergétique ni la paix sociale.

Jean-Marie Dedecker: Avec cet accord, le gouvernement se moque des braves citoyens. Le prix du gaz et de l'électricité a presque quadruplé en un an alors que les recettes TVA ont triplé. Sans parler de toutes les primes que les citoyens doivent payer. En échange, ils reçoivent une aumône de 100 euros par ménage et 65 euros sur un total de 1 000 euros qu'ils doivent débourser en TVA. C'est de l'argent de poche pour les riches et une aumône pour les pauvres et la classe moyenne. Le gouvernement donne des milliards de subsides à ENGIE – qui a réalisé 2,6 milliards d'euros de bénéfices – pour construire des centrales au gaz mais il n'a pas d'argent pour baisser la TVA sur le gaz pour les citoyens ordinaires. C'est un véritable scandale!

Florence Reuter: Madame la présidente, monsieur le premier ministre, il est bien évidemment toujours facile de critiquer mais ce qui importe, c'est d'agir. Il faut souligner l'existence d'un accord qui comprend une série de mesures. Il y a tout d'abord la prolongation et l'élargissement du tarif social. C'est une bonne mesure que personne ne conteste. Ensuite, une autre mesure qui touche tout le monde, y compris les classes moyennes, consiste en une réduction de cent euros sur la facture. C'est fondamental. Á cela s'ajoutent la baisse de TVA limitée dans le temps et le principe du cliquet que le MR a défendu fortement car c'est une mesure qui permet de travailler sur le long terme, d'anticiper la hausse des prix et d'agir immédiatement en baissant les taxes. Par ailleurs, on annonce des mesures pour les indépendants. C'est surtout sur ce point que portent mes questions.

Monsieur le premier ministre, confirmez-vous que toutes les mesures destinées aux ménages sont structurelles et qu'elles ne seront pas répercutées ensuite et compensées par la fiscalité?

En ce qui concerne les indépendants, s'il est bien sûr important d'agir pour les ménages, il faut savoir que les indépendants qui ont déjà été durement touchés et impactés par la crise du covid rencontrent aujourd'hui d'énormes difficultés. À défaut de pouvoir payer leurs factures, certains envisagent de fermer tout simplement la porte. Quant à la mise en œuvre pratique, quand ces mesures seront-elles effectives? Y a-til des difficultés pour les mettre en place? Risque-t-on de ne pas pouvoir les implémenter dans l'urgence? Comme je le disais déjà voici trois semaines, il y a véritablement urgence à agir concrètement pour tout le monde.

Christian Leysen: L'extrême gauche et l'extrême droite y vont de slogans populistes et de jeux de mots en tous genres, mais ce n'est pas le gouvernement qui fixe les prix de l'énergie. C'est le marché qui s'en charge. Après un premier train de mesures en octobre, le gouvernement propose aujourd'hui une deuxième série d'actions qui permettront d'alléger le montant élevé des factures énergétiques, tout en restant attentif au cadre budgétaire. Il a également annoncé une multitude de mesures destinées à soutenir le pouvoir d'achat. Il s'agit d'un ensemble équilibré. Il ne faut pas oublier que le budget est dans le rouge et que les salaires sont indexés automatiquement dans notre pays. Le premier ministre peut-il expliquer la réforme visant à alléger la facture d'énergie?

Melissa Depraetere: Enfin! Un accord de crise a été conclu en cette période de crise. Les mesures prises en octobre étaient indispensables, mais ne suffisaient plus. Ce deuxième ensemble permettra au gouvernement de diminuer les factures des ménages à hauteur de plus d'un milliard d'euros. Notre groupe aurait fait davantage ou autrement. Nous ne perdrons jamais de vue que l'accord contient la phrase cruciale selon laquelle "une solution structurelle doit être prévue". Nous ne tenons vraiment pas à ce que cette situation se reproduise.

Comment le premier ministre perçoit-il l'élaboration de mesures sociales intelligentes et simples, d'un plan destiné à la période postérieure à la crise actuelle?

Leen Dierick: Notre patience et celle de beaucoup de nos concitoyens ont été mises longtemps à rude épreuve mais il y a aujourd'hui un accord qui a le mérite d'exister. Avec cet accord, nous ne laissons pas les plus vulnérables sur le bord de la route, nous soutenons la classe moyenne et nous n'abandonnons pas à leur triste sort les ménages qui se chauffent au mazout. Avec cet accord, nous restituons à tous les ménages chaque euro perçu par l'État fédéral grâce à la flambée des prix de l'énergie et nous faisons encore un effort supplémentaire. Pour mon groupe, c'est une première étape mais ce n'est certainement pas la dernière car nous devons aussi protéger structurellement le pouvoir d'achat de nos ménages. Quand cette réforme structurelle sera-t-elle menée à bien?

Bert Wollants: Le premier ministre a dû peiner pendant plusieurs mois pour atteindre un accord sur des mesures visant à faire face à l'explosion des prix de l'énergie. La TVA sera abaissée, mais pas avant le printemps, exclusivement pour l'électricité et à concurrence de seulement 10 à 15 euros par mois. Par ailleurs, il a été décidé d'octroyer une prime de chauffage de 100 euros aux citoyens. Près de 70 % des Flamands se chauffent cependant au gaz naturel et la solution du gouvernement ne couvrira que quelques pour cent de leurs surcoûts.

Est-ce donc là l'accord que nous avons tous attendu pendant si longtemps? La proposition relative aux classes moyennes n'est pas beaucoup plus impressionnante. Bien sûr, le premier ministre s'est embarqué dans une coalition très bigarrée dont chaque composante fixe son propre cap. Cette situation va-t-elle nous permettre d'avancer, Monsieur le premier ministre?

Malik Ben Achour: Monsieur le premier ministre, vous avez pris des initiatives pour aider les ménages à payer leurs factures d'énergie. La semaine dernière, je vous interrogeais ici et je vous appelais, comme d'autres collègues, à adopter un train de mesures qui répondent aux préoccupations de l'immense majorité des Belges, des mesures adaptées à une situation qui plonge beaucoup de nos concitoyens dans les difficultés et dans l'angoisse. Je ne parle pas seulement de nos concitoyens aux plus bas revenus, je parle aussi de la classe moyenne, cette part importante de la population qui, aujourd'hui, n'est pas protégée par le tarif social. Vous le savez, mon groupe, plaidait et plaide toujours, j'insiste, pour des mesures qui soient à la hauteur de l'urgence et de la gravité du moment, des mesures permettant de garantir l'accès à l'énergie pour tous et maîtrisant des hausses de prix qui vont s'inscrire durablement dans le temps.

Une clause de rendez-vous est prévue au mois de mars et des solutions existent: - diminuer la fiscalité pour réduire l'impact de la hausse des prix; - concernant les mécanismes de soutien, cibler les personnes qui en ont le plus besoin en fonction, par exemple, de la consommation ou de la composition du foyer; - desserrer le carcan budgétaire, ne pas s'enfermer dans un carcan budgétaire trop contraignant. Il relève de notre responsabilité d'apporter des solutions sur le long terme. J'insiste, sur le long terme.

Ma question est simple mais elle appelle une réponse qui soit claire et ferme. Que comptez-vous faire de plus pour enrayer cette crise et lutter structurellement contre la hausse des factures de gaz et d'électricité? J'ai bien dit de gaz et d'électricité. Je vous remercie.

Wouter De Vriendt: Prendre des responsabilités politiques signifie également trancher dans un dossier très difficile. Pour nous aussi, on aurait pu en faire davantage. La ministre Van der Straeten avait mis au point une diminution intelligente de la TVA à 6 % sur l'électricité et le gaz. Le gouvernement vient de franchir un premier pas important, mais la perspective d'une réforme intelligente des accises est tout aussi importante, afin que nous puissions donner aux factures un caractère plus social et plus écologique. Il reste donc du pain sur la planche. Quelle est la vision du premier ministre concernant cette réforme structurelle?

Je défends ce compromis honnête. Dans un contexte international compliqué où les prix de l'énergie flambent sur les marchés mondiaux, le gouvernement fait ce qui est nécessaire. On ne peut donc vraiment pas parler d'un attrape-nigaud, M. Mertens. Certains membres de cette Assemblée sont passés maîtres dans l'art de l'hypocrisie. Lorsqu'elle était au pouvoir, la N-VA a augmenté la TVA sur l'énergie. Ce gouvernement diminue la TVA sur l'électricité et allège la facture énergétique. La différence saute aux yeux!

Alexander De Croo, premier ministre: Ce débat doit être mené sur la base de chiffres corrects. L'année dernière, le gouvernement fédéral a consenti un effort de 1,2 milliard d'euros afin de réduire les factures énergétiques des personnes les plus vulnérables par le biais du tarif social élargi. Cette mesure a permis d'aider 2 millions de personnes. Cette année, le gouvernement fournit un nouvel effort de 1,1 milliard d'euros, de nouveau pour aider ce groupe de personnes les plus vulnérables. Elles courent en effet le plus grand risque de ne pas pouvoir payer leurs factures.

Mais nous aidons également la classe moyenne, et ce en restituant les surprofits de certains opérateurs et les recettes supplémentaires perçues par les pouvoirs publics. Par ailleurs, l'autorité publique fournit encore un effort supplémentaire.

Quelles sont les mesures qui ont été prises? Il est ici question de trois éléments majeurs.

Premièrement, il y a la prolongation du tarif social pour un million de foyers, soit deux millions de Belges qui se trouvent dans une situation précaire et que l'on continue à aider de manière considérable. En effet, pour la période hivernale, il s'agit d'un avantage de 1 000 euros offert aux plus vulnérables.

Deuxièmement, il y a la réduction de la TVA sur l'électricité. Pourquoi? Parce que tous les logements sont raccordés à l'électricité. Il était donc logique que nous décidions d'aider nos concitoyens par le biais d'une baisse de la TVA sur celle-ci, pour une période de quatre mois, à partir de la facture du mois de mars.

Troisièmement, une prime de chauffage sera accordée à toutes les familles, quel que soit leur mode de chauffage. Certaines se chauffent au gaz naturel. D'autres ont une chaudière au mazout. D'autres encore se chauffent à l'électricité. Force est de constater que ce marché est très hétérogène. Il était donc normal d'opter pour un tarif forfaitaire attribué à chacun de la même manière.

Selon MM. Wollants et De Roover, les Flamands se chauffent principalement au gaz. Or, en Flandre, il y a aussi 500 000 ménages qui se chauffent au mazout. La N-VA propose-t-elle donc qu'on se désintéresse froidement du sort de ces personnes? Ce gouvernement veut en revanche aider tous nos concitoyens, quel que soit le combustible qu'ils utilisent pour se chauffer.

À côté de cela, nous avons demandé aux ministres de l'Énergie et des Finances de poursuivre leur travail sur une réforme des accises et sur un système de cliquet sur l'électricité et le gaz. Le but est d'avoir une structure de facture qui aide à mieux compenser cette volatilité, qui est très difficile à gérer pour nos ménages.

Le pouvoir d'achat est effectivement mis sous pression, mais il convient de considérer l'ensemble de la situation. Non seulement la prime de chauffage et la diminution de la TVA, mais également les réductions de charges, la majoration du bonus à l'emploi et l'indexation ont une influence sur le pouvoir d'achat. L'année dernière, l'indice pivot a été dépassé à deux reprises et, selon le Bureau fédéral du Plan, il en sera de même cette année.

Imaginons une personne isolée percevant un salaire brut de 2 700 euros: compte tenu de l'ensemble des mesures gouvernementales, cette personne peut compter sur une augmentation de 1 000 à 1 100 euros de son pouvoir d'achat. Un couple à deux revenus moyens recevra même de 1 900 à 2 000 euros en plus par rapport à l'année dernière.

D'autres pays ne connaissent pas d'indexation automatique, contrairement à la Belgique. Les efforts consentis par le gouvernement pour renforcer le pouvoir d'achat sont bel et bien comparables à ceux fournis par nos voisins.

Certains députés semblent toutefois souffrir de myopie. Ils refusent, en effet, de voir les efforts supplémentaires que font les pouvoirs publics et les employeurs afin de protéger le pouvoir d'achat des consommateurs.

Personne ne prétend que tous les problèmes sont désormais résolus. De nombreuses familles ont aujourd'hui beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Sans rejeter la faute sur autrui, je tiens à préciser que tous les gouvernements de ce pays sont concernés. Nous devrons veiller à ce que les personnes à faible pouvoir d'achat aient également accès à des habitations mieux isolées et aux énergies renouvelables, la seule forme d'énergie qui est de moins en moins coûteuse. Dans ce domaine politique également, nous devrons offrir des perspectives sûres à la population.

Grâce à toutes les mesures que je viens d'énumérer, le gouvernement a enregistré des résultats concrets et tangibles. C'est ce que nos concitoyens sont en droit d'attendre de nous, en cette période difficile que traverse l'Europe.

Peter Mertens: Monsieur le premier ministre, être myope c'est ne pas voir les problèmes qui se posent à côté de soi, être aveugle c'est ne pas voir les problèmes qui se présentent devant soi. Le premier ministre se rend coupable d'une grossière tromperie. Le gouvernement ne fournit nullement un effort de 1,1 milliard d'euros, puisque 800 millions d'euros proviennent de l'augmentation des recettes de TVA. Il s'agit en réalité d'un maigre effort de 300 millions d'euros. Les surprofits de 2,6 milliards d'euros d'ENGIE Electrabel ne sont écrémés qu'à raison de 32 millions d'euros! Celui qui ignore l'inflation et brandit une augmentation du pouvoir d'achat pour tous n'est pas myope, mais aveugle.

Barbara Pas: Il est clair que ceux qui se satisfont de cet accord sur les prix de l'énergie ne paient pas eux-mêmes les frais de chauffage de leur tour d'ivoire. Une prime de 100 euros pour une facture de gaz naturel qui augmente de 1 500 euros n'est qu'une aumône.

Le fait que 2 millions de personnes dans notre pays doivent faire usage d'un tarif social pour pouvoir continuer à acquitter leur facture énergétique est la preuve d'une profonde crise systémique. La facture énergétique s'apparente actuellement à une feuille d'impôt déguisée, où l'énergie est considérée comme un produit de luxe. Il s'agit pourtant d'un besoin de base. Je demande, dès lors, avec insistance au premier ministre de réduire la TVA à la fois sur l'électricité et sur le gaz.

François De Smet: Monsieur le premier ministre, je vous remercie, même si je n'ai pas reçu de vraies réponses à mes questions. Je suis philosophe, je m'y habitue.

Je n'ai pas reçu de réponse à la question de savoir pourquoi vous n'avez pas agi plus tôt. Faut-il s'habituer au temps opératoire étrange de cette Vivaldi? Faut-il s'habituer à ce qu'on attende la fin de la pandémie pour parler de l'obligation vaccinale? Faut-il s'habituer à ce qu'on attende qu'il ne soit plus possible de prolonger le nucléaire pour prendre une décision sur la fin du nucléaire? Faut-il attendre que le printemps pointe le bout de son nez pour prendre des mesures énergétiques?

Je n'ai pas obtenu de réponse à propos du caractère non ciblé de ces 100 euros. Je ne comprends toujours pas pourquoi Marc Coucke a besoin de ces 100 euros. Je ne comprends pas pourquoi il n'était pas possible de cibler cette mesure pour qu'elle touche davantage de personnes.

Nous avons par contre tous bien compris qu'il s'agit d'une sorte d'avant-goût. Ce tempo de la Vivaldi est étrange, il va falloir trouver un autre rythme parce qu'avec une inflation à plus de 7 %, nous aurons des problèmes encore plus graves. On va devoir se demander si l'électricité et le gaz ne devraient pas être vus comme des produits (…)

Jean-Marie Dedecker: M. De Vriendt joue les hypocrites, car Ecolo-Groen ne veut pas réduire la TVA. Ils veulent la remplacer par des accises, donnant ainsi d'une main et reprenant de l'autre. Ils veulent majorer les prix de l'énergie pour décourager la consommation. Ils ferment les centrales nucléaires bon marché pour faire gonfler la demande de gaz sur le marché. L'idéologie verte est responsable de l'appauvrissement de notre population.

Florence Reuter: Monsieur le premier ministre, il était important d'aider tout le monde, dont la classe moyenne, trop souvent laissée-pour-compte. C'est chose faite et je m'en félicite. Vous n'avez pas répondu précisément au sujet des indépendants mais je sais que le ministre Clarinval viendra avec des mesures. Il est effectivement fondamental de ne pas oublier nos PME et nos TPE qui souffrent deux fois plus qu'avant.

Enfin, le MR demande une réflexion approfondie en ce qui concerne l'énergie bon marché. Vous avez parlé d'énergie moins chère. Nous voulons une réflexion sur l'énergie bon marché parce que cela va devenir vraiment important. Au moment de choisir les options visant à fermer des réacteurs, il faudra bien réfléchir aux conséquences pour l'avenir de la hausse des prix de l'énergie.

Christian Leysen : Les pouvoirs publics ne peuvent pas supporter tous les risques. Dépenser de l'argent sans préciser le financement revient à hypothéquer l'avenir.

Si nous voulons faire redescendre les prix de l'énergie à un niveau acceptable, nous devons résolument opter pour une politique de l'énergie à long terme, sans dogmes idéologiques, avec une plus grande transparence au niveau de la structure des prix et un réalisme géopolitique. La poursuite de l'électrification augmentera fortement notre dépendance vis-à-vis des pays voisins.

J'espère que le gouvernement suivra la voie de la neutralité climatique par le biais de toutes les sources d'énergie à faible émission de CO2 et travaillera à l'élaboration d'une politique énergétique européenne cohérente.

Melissa Depraetere: La N-VA ne manque pas d'air quand elle critique le gouvernement fédéral, qui a investi 1,7 milliard d'euros au cours des derniers mois pour faire baisser la facture d'énergie. Le gouvernement précédent, dont faisait partie la N-VA, avait en effet augmenté la TVA sur l'énergie de 6 à 21 % et appliqué un saut d'index.

J'attends toujours la réponse de la ministre flamande de la N-VA, Mme Zuhal Demir, qui devait étudier la question mais son étude précédente, en octobre 2021, avait abouti à une réduction de 3 euros par mois pour les citoyens. Que la N-VA prenne des mesures au niveau flamand!

Leen Dierick: Le moment est venu d'entamer des réformes. Les ministres des Finances et de l'Énergie ont préparé le terrain, notamment en matière d'accises. Cette mesure liée aux accises nous permettra de mieux faire face aux pics tarifaires. Elle sera efficace pour tous les citoyens sans nuire aux entrepreneurs. Nous voulons que la facture énergétique fasse l'objet d'une réforme approfondie et que le pouvoir d'achat bénéficie d'une protection structurelle.

Bert Wollants: La VREG a calculé qu'un montant de 215 euros avait déjà été déduit de la facture en Flandre. La norme énergétique rajoute 10 euros. Par ailleurs, n'oublions pas les millions d'euros liés à la politique de la ministre socialiste Van den Bossche en matière de facture énergétique. Les prix du mazout et du gaz ne suivent pas la même courbe. Observez les tarifs jusqu'à la fin de l'année passée. Les 100 euros de la Vivaldi couvrent 7 % de la facture de gaz et 90 % de la facture de mazout.

Malik Ben Achour: Monsieur le premier ministre, je vous remercie.

Des mesures ont été prises à hauteur de 1,7 milliard depuis le début de la crise. Ce sont des pas qui ont été franchis. C'est incontestable et nous vous félicitons pour cela. Cependant, vous n'aurez pas le choix, il va falloir aller plus loin. La réalité que vivent les gens va vous l'imposer. En outre, vous l'avez dit vous-même, ce n'est qu'un premier train de mesures. Saisissons l'occasion qu'offre cette clause de rendez-vous en mars pour apporter des réponses structurelles aux questions qui se posent aujourd'hui! Comment mieux cibler l'aide aux familles à revenus moyens: un couple avec deux enfants qui se chauffent au gaz et qui vivent dans un appartement en ville? Comment pérenniser le tarif social dont bénéficie plus d'un cinquième de la population? Devons-nous élargir la liste des bénéficiaires du tarif social?

Il faut des solutions à court terme et des solutions à long terme, à la mesure des enjeux. C'est une vraie crise qui explose pour le moment. Quoi qu'il en coûte, je le répète, nous devrons être aux côtés des ménages pour faire baisser leurs factures de gaz et d'électricité.

Wouter De Vriendt: Les mesures fédérales vont effectivement bien au-delà de la facture énergétique. Nous attendons toujours le pacte flamand de soutien à l'isolation des habitations.

J'enjoins M. De Roover de cesser toute attaque envers le fédéral depuis la tour d'ivoire flamande. Pour parvenir à une réduction structurelle de la facture d'énergie, il faut coopérer. Il est scandaleux que le PVDA-PTB estime que l'accord sur l'énergie est un leurre, alors que l'extension du tarif social de l'énergie implique une réduction de 800 euros pour 20 % des ménages les plus vulnérables.

Peter De Roover: Je demande la parole pour un fait personnel.

Peter De Roover: Cet appel à la coopération est on ne peut plus hypocrite. La semaine dernière encore, le groupe écologiste a refusé d'accorder l'urgence pour notre proposition de loi visant à réduire les prix de l'énergie.