Questions parlementaires orales jointes n° 55002176P de monsieur Kurt Ravyts, n° 55033666C de monsieur Peter Mertens et n° 55002189P de monsieur Steven Matheï, … du 13.01.2022
Chambre, Compte rendu intégral - Séance plénière, 2021-2022, CRIV 55 PLEN 157 du 13.01.2022, p. 14
N°:
55002176P
55002178P
55002179P
55002180P
55002182P
55002184P
55002188P
55002189P
55002190P
55002191P
55002193P
55002194P
Intervenants ;
Kurt Ravyts
Melissa Depraetere
Peter Mertens
François De Smet
Kim Buyst
Malik Ben Achour
Florence Reuter
Steven Matheï
Christian Leysen
Maxime Prévot
Samuel Cogolati
Les mesures contre la hausse des prix de l'énergie
La forte hausse des prix de l'énergie
L'abaissement de la TVA sur le prix de l'énergie
La hausse du prix de l'énergie
Les mesures visant à limiter la hausse des prix de l'énergie
Les prix de l'énergie
Les mesures contre la hausse du prix de l'énergie
L'abaissement temporaire de la TVA en réaction à la hausse des prix de l'énergie
La politique du gouvernement en matière de facture énergétique
La hausse du prix de l'énergie
Kurt Ravyts: Actuellement, quiconque conclut un nouveau contrat d'énergie paie en moyenne 36 % de plus qu'en décembre. Le Vlaams Belang insiste depuis deux ans pour que le taux de TVA soit abaissé pour le gaz et l'électricité, et il préconise depuis encore plus longtemps un véritable dégraissage de la facture énergétique. Les consommateurs reçoivent en ce moment des factures d'acompte avec des montants astronomiques et le nombre de personnes en défaut de paiement ne cesse d'augmenter. Le gouvernement arrive toujours trop tard étant donné qu'il a vendu la politique climatique et énergétique aux écologistes. Le prix des combustibles fossiles doit continuer à croître pour atteindre les objectifs climatiques de l'Europe.
Melissa Depraetere: Ce Noël n'a pas été chaleureux pour tout le monde. La facture énergétique a désormais triplé, obligeant de nombreuses personnes à baisser un peu leur thermostat. Vooruit met en garde depuis longtemps contre une telle situation et plaide également depuis longtemps pour une solution rapide et crédible, à savoir ramener la TVA sur l'énergie à 6 %. L'énergie est un produit de base et non un luxe. Le gouvernement a déjà pris des mesures importantes mais celles-ci sont insuffisantes. Depuis hier, le ministre Van Peteghem soutient notre proposition. Le premier ministre reconnaît-il l'existence de la crise énergétique? Estime-t-il également qu'une diminution de la TVA serait la solution la plus rapide? Quand le gouvernement se réunira-t-il pour envisager des mesures supplémentaires?
Peter Mertens: Des centaines de milliers de personnes dans notre pays risquent de connaître la précarité. Cela fait déjà 15 ans que le PTB fait campagne pour une réduction de la TVA. L'année dernière, ce gouvernement avait jugé l'idée populiste, infinançable et mauvaise. Nous avons persévéré et recueilli près de 300 000 signatures. Apparemment, nous avons réussi à gagner à notre cause certains partis mais ils doivent joindre le geste à la parole. N'est-il pas temps de s'adresser enfin au seul acteur qui ait logiquement profité de la crise énergétique? Electrabel a enregistré un bénéfice supplémentaire de 2,6 milliards d'euros. Le premier ministre soutiendra-t-il notre amendement visant à répercuter la facture sur cette entreprise?
François De Smet: Madame la présidente, monsieur le premier ministre, la hausse des prix de l'énergie est vertigineuse.
De nombreux ménages modestes, mais aussi à revenus moyens sont ou seront pris à la gorge. Preuve en est les CPAS qui reçoivent de nombreux appels à l'aide provenant d'un public nouveau: la classe moyenne.
À l'automne, nous avions prévenu que les mesures prises ne suffiraient pas parce qu'elles ne visent pas la classe moyenne qui est laissée sur le bord du chemin.
Que faire? D'abord, il y a l'urgence. Soyons francs, peu importe la solution choisie (baisse de la TVA, octroi d'un chèque énergie ou autre cliquet), peu importe le flacon, l'important est de ne plus laisser la classe moyenne de côté, comme cela a été le cas.
Si vous optez pour une baisse de la TVA, s'il vous plaît, soyez cohérent et intégrez davantage la part de l'énergie dans le calcul de l'index, sinon les consommateurs risquent de perdre d'une main ce qu'on leur donnera de l'autre.
Monsieur le premier ministre, quelles mesures allez-vous prendre? Allez-vous, cette fois, venir en aide à presque toute la population?
Par ailleurs, je voudrais que l'on se rende compte que cette crise n'est peut-être, hélas, qu'un avant-goût de ce qui nous attend dans les années à venir, si nous continuons à entretenir à ce point la dépendance énergétique de notre pays.
Dans votre accord de gouvernement sur la sortie du nucléaire, on ne parle pas de CO2, mais des prix! La hausse à laquelle nous assistons n'est-elle pas en train de bousculer quelques-unes de vos certitudes en la matière?
À l'heure où la crise climatique et énergétique bat son plein, la Vivaldi envisage la construction de nouvelles centrales au gaz, en se passant du nucléaire. Selon moi, nous devrions avoir une réflexion sur la sécurité d'approvisionnement et sur l'impact de la crise actuelle sur les prix de l'énergie.
Au vu de la hausse que nous connaissons aujourd'hui, y a-t-il, au sein de votre gouvernement, la moindre anticipation de l'impact sur les prix que la fermeture des réacteurs nucléaires en 2025 et le recours aux centrales au gaz vont provoquer comme choc supplémentaire?
Kim Buyst: Pouvoir chauffer son habitation et allumer la lumière relève d'un droit de base. Or, celui-ci est mis sous pression pour beaucoup de ménages en raison de la flambée des prix de l'énergie. Il n'existe toutefois pas de solutions simples aux problèmes complexes. Les prix de l'énergie augmentent dans le monde entier. Une seule loi ne résoudra dès lors pas le problème. Le gouvernement a déjà planché sur le tarif social, la réduction hivernale et la norme énergétique. La rénovation et les investissements dans les énergies renouvelables constituent les meilleures solutions pour réduire la facture d'énergie à moyen terme. Cela n'apporte toutefois pas de solution au problème actuel des prix élevés de l'énergie.
Quelles autres mesures ciblées pour tous le gouvernement prendra-t-il à court terme?
Malik Ben Achour: Monsieur le premier ministre, les faits sont là: notre pays et nos concitoyens font face à une hausse des prix de l'énergie sans précédent et ces prix ne devraient pas baisser avant plusieurs mois. N'ayons pas peur des mots, c'est un véritable tsunami social qui s'annonce. Les augmentations de prix qui s'annoncent sont telles qu'elles touchent aujourd'hui des familles qui ne sont pas protégées par le tarif social. Il faut des réponses pour ces gens-là aussi. Il nous faut impérativement mettre en place des mesures supplémentaires pour soutenir la majorité de la population et pour protéger la classe moyenne, quoiqu'il en coûte. Il faut impérativement agir et agir efficacement.
La diminution de la TVA sur l'énergie est une possibilité que le gouvernement Di Rupo avait d'ailleurs mise en place avant qu'elle soit annulée par le gouvernement Michel. Cependant, il est impératif que face à l'urgence, les nouvelles mesures que prendra le gouvernement visent prioritairement à aider la classe moyenne en plus de protéger évidemment les plus vulnérables via la prolongation du tarif social étendu après le mois de mars.
C'est pourquoi nous plaidons, monsieur le premier ministre, pour la mise en place d'un chèque énergie, par exemple d'un montant de 200 euros, ce qui se traduirait immédiatement par une réduction de 200 euros sur la facture. Ce serait une mesure ciblée sur ces ménages, ces familles et ces travailleurs qui en ont aujourd'hui terriblement besoin, qui ne font pas partie des catégories les plus riches de la population mais qui ne sont pas non plus protégés par le tarif social.
Monsieur le premier ministre, que comptez-vous faire pour protéger ces familles qui subissent violemment la hausse des prix de l'énergie? Comptez-vous par ailleurs prolonger l'extension du tarif social au-delà du mois de mars? Je vous remercie.
Florence Reuter: Madame la présidente, monsieur le premier ministre, le constat est plutôt alarmant. Certaines factures d'énergie ont doublé, voire triplé. Les ménages ont du mal à faire face et, bien évidemment, les factures de régularisation vont faire mal.
En octobre, le gouvernement avait déjà amorcé des réponses avec plusieurs mesures: le chèque énergie à 80 euros, les tarifs sociaux et le mécanisme du cliquet. Aujourd'hui, les ménages sont encore plus en difficulté. Cela ne va pas mieux.
Chaque formation politique émet des propositions, les plus simplistes les unes que les autres. Certaines mesures one shot ne règlent absolument pas le problème, en tout cas sur le long terme. Il faut donc bien réfléchir.
Hier, le ministre des Finances est revenu sur ses déclarations et s'est dit favorable à cette baisse de TVA à 6 % de manière temporaire.
Monsieur le premier ministre, mes questions sont très concrètes. Que signifie "de manière temporaire"? Quelle est la limite? La CREG dit que cette crise énergétique n'est pas finie et qu'elle va encore durer des mois, voire des années. Quel sera le coût de la mesure? Je suppose qu'il y a des estimations. Aujourd'hui, les chiffres vont dans tous les sens. Il va falloir financer tout cela. Quid de l'impact sur l'inflation, sur le saut d'index, sur l'indexation automatique des salaires? Quid aussi d'une concertation avec les Régions car, à un moment donné, il va falloir que l'effort soit partagé. Enfin, le ministre des Finances dit que d'autres pistes sont sur la table. Quelles sont-elles? Nous voudrions en savoir plus.
Steven Matheï: La hausse des prix de l'électricité et du gaz, qui ont respectivement doublé et triplé par rapport à l'année dernière, sape directement le pouvoir d'achat des citoyens ordinaires. Le gouvernement a déjà pris des mesures importantes, mais la classe moyenne est désormais également à bout de souffle. Il faut agir davantage. Hier, le ministre Van Peteghem a donc mis sur table la proposition d'une baisse temporaire et conditionnelle de la TVA sur l'énergie. Cette mesure simple se fera grandement ressentir et pourra nous permettre d'atteindre notre objectif principal: parvenir à une facture énergétique abordable. Quelle décision le gouvernement va-t-il prendre?
Christian Leysen: Les prix élevés de l'énergie touchent les ménages et les entreprises, tandis que l'inflation s'envole. En octobre 2021, le tarif social a déjà été élargi et une norme énergétique a été instaurée. Aujourd'hui, des mesures supplémentaires sont réclamées. Reste à savoir si une réduction de la TVA est une mesure judicieuse. L'Open Vld est ouvert à de nouvelles mesures pour autant qu'elles soient temporaires, efficaces et socialement justifiées. De plus, elles doivent être tenables financièrement pour les pouvoirs publics. En effet, la facture devra tôt ou tard être payée par les contribuables. De quelle manière le gouvernement peut-il agir, en tenant compte de ces conditions, pour alléger les factures énergétiques?
Maxime Prévot: Madame la présidente, monsieur le premier ministre, quelle est finalement la ligne de conduite de votre gouvernement? En septembre dernier, voici quatre mois – et non quatre ans! –, le ministre Van Peteghem disait qu'il ne fallait pas diminuer la TVA car cela coûterait 770 millions d'euros et qu'il valait mieux les injecter dans l'emploi. Aujourd'hui, il prétend vouloir diminuer la TVA. Cependant, dans le même temps, le président du Parti Socialiste, qui est quand même votre partenaire, vient avec une autre formule. Finalement, quelle est la ligne du gouvernement que vous présidez?
Il est urgent que des mesures soient prises. C'est incontestable. Toutes les formules, ayons l'honnêteté de le reconnaître, ont leurs avantages et leurs inconvénients. La baisse de la TVA à 6 % est facile à comprendre et à mettre en œuvre. Par contre, elle a des effets pervers sur la question de l'indexation avec le risque au final, parce que les autres prix continuent par ailleurs à augmenter, que le pouvoir d'achat des citoyens soit faussement généreusement impacté. En effet, d'un côté, on va diminuer les prix de l'énergie mais, d'un autre côté, on va postposer, dans le temps et de manière structurelle, une indexation, à moins que l'agenda caché ne soit de faire plaisir aux demandes patronales visant à générer un saut d'index, ce qui serait probablement intéressant pour la compétitivité mais alors assumez-le! N'ayons pas de faux-fuyant!
Nous préconisons de mener d'abord une réflexion sur le mécanisme actuellement en œuvre en élargissant l'assiette des bénéficiaires des tarifs sociaux et des primes octroyées afin d'aider non pas uniquement les allocataires sociaux mais également les travailleurs à faibles revenus, la classe moyenne laborieuse, celles et ceux qui bossent mais qui gagnent trop pour être aidés par les mécanismes sociaux et qui pourtant sont aussi confrontés à la difficulté. S'il vous plaît, essayez, ne fût-ce que dans ce dossier, de donner un peu de clarté et de perspective!
Bert Wollants: La classe moyenne qui travaille ne peut plus non plus payer ses factures d'énergie, mais, jusqu'à présent, le gouvernement n'a voulu intervenir qu'en faveur des 18 % de la population qui ont droit au tarif social. Le gouvernement doit agir maintenant pour rendre les factures payables, sans que cette mesure entraîne une perte de pouvoir d'achat. Le premier ministre défendra-t-il enfin les travailleurs dans ce pays?
Samuel Cogolati: Monsieur le premier ministre, l'envolée des prix de l'énergie représente un véritable coup dur pour nos compatriotes: + 173 % en un an, 1 400 euros de moyenne pour une facture de gaz, 500 euros pour une facture d'électricité. Les CPAS sont littéralement pris d'assaut.
Comme parlementaires, nous recevons énormément de messages de nos concitoyens qui nous appellent à l'aide. Tout récemment encore, Josiane me disait: "Forcément, cela représente moins d'argent pour se soigner et se nourrir, mais aussi pour s'instruire." Chers collègues, nous payons aujourd'hui le prix de vingt années de mauvaise gestion et d'absence d'investissement dans la transition énergétique, qui nous rendent évidemment plus vulnérables à l'augmentation mondiale des prix du gaz et de l'uranium qui, nous le savons, ne sont pas extraits en Belgique.
Mes chers collègues, la première urgence est sociale. Il s'agit de garantir une digue de protection sociale pour ceux qui en ont le plus besoin. Monsieur le premier ministre, votre gouvernement a déjà investi près d'un milliard d'euros pour protéger les familles qui en ont le plus besoin. Vous avez doublé le nombre de celles qui sont éligibles au tarif social. Allons-nous pouvoir prolonger cette mesure – 1 000 euros à la place de 1 800 pour une année – au-delà du 31 mars prochain?
Et puis, nous en avons parlé pendant dix ans, mais vous êtes le premier gouvernement à instaurer une norme énergétique qui transforme des taxes en accises, de manière à réduire la facture énergétique de tous nos concitoyens. Cela dit, il faut aller beaucoup plus loin, y compris pour les revenus moyens et les classes moyennes. Les gens souffrent en ce moment de cet hiver financièrement douloureux. (…)
Alexander De Croo, premier ministre: Madame la présidente, chers collègues, je vous remercie pour vos questions. Nous observons, depuis quelques mois déjà, une très forte augmentation des prix de l'énergie. Plusieurs facteurs contribuent à cela. Parmi ceux-ci, il y a le redémarrage de l'économie après une période de quasi-arrêt et une très forte instabilité géopolitique. C'est un phénomène international. La Belgique n'est pas le seul pays à être confronté à cette hausse.
Cela ne rend toutefois pas la situation moins difficile à supporter.
En octobre, le gouvernement fédéral a déjà pris des mesures fortes pour aider au mieux les personnes les plus vulnérables, réformer structurellement la composition de la facture énergétique et mettre un terme aux pratiques déloyales au détriment des consommateurs.
Je vais maintenant détailler les mesures.
Pour ce qui concerne les mesures sociales, il est question d'un élargissement du tarif social avec un doublement de celui-ci. Deux millions d'abonnés ont droit à ce tarif social. Comme la ministre l'a souvent répété, il a également été décidé, lors du conclave budgétaire, une réduction de 80 euros. Autrement dit, il est question en moyenne d'une réduction de la facture d'énergie de 720 euros pour deux millions d'abonnés. Ce sont des mesures d'aide concrètes! Et on n'aide pas juste un peu puisque cela représente au total un paquet de 554 millions d'euros.
Nous avons octroyé plus d'un demi-milliard d'euros d'aide afin d'alléger la facture d'énergie de nos concitoyens.
Ensuite, le gouvernement a décidé de faire une réforme de la structure de la facture. Le ministre des Finances et la ministre de l'Énergie ont fait l'effort de traduire cela dans une accise. Cette traduction offre des possibilités de mieux gérer l'augmentation des prix et d'éviter que celle-ci mène à une double augmentation des prix. En effet, il y a le produit mais il y a, en plus, les taxes.
Nous vérifierons comment nous pouvons mieux garder les prix sous contrôle grâce au mécanisme des accises. Après dix ans de discussion, ce gouvernement a instauré la norme énergétique. Un montant de 156 millions d'euros a été débloqué au profit des petites entreprises et des ménages.
Par le biais du troisième axe, nous souhaitons mieux protéger les consommateurs. Ceux-ci ont le droit de refuser une augmentation de leur facture d'acompte. Nous devons également éviter que les fournisseurs n'utilisent la facture d'acompte comme une forme de préfinancement. La ministre de l'Énergie doit veiller, avec le service de médiation, à ce que les consommateurs soient suffisamment informés de leurs droits.
L'ensemble des mesures fédérales s'élève à 760 millions d'euros au total.
S'agissant d'autres propositions qui ont été faites, il y a déjà eu des discussions au sein du gouvernement mais il est clair que ces propositions sont en train d'être débattues dans les détails. Il faut bien comprendre la technicité du sujet et les impacts que certaines mesures pourraient avoir.
Les mesures doivent être temporaires et ciblées, y compris pour la classe moyenne, et être durables pour les finances publiques.
En ce moment, nous devons également agir en faveur d'une politique énergétique. Toute personne ayant investi dans l'énergie durable ou ayant isolé sa maison est moins touchée par les augmentations de prix. J'invite tous les gouvernements de ce pays à concocter un arsenal cohérent de mesures. La facture comporte des prélèvements fédéraux, mais pas uniquement. C'est l'occasion idéale d'aider les gens durablement.
Kurt Ravyts: Vooruit et le PTB ont voté contre la proposition du Vlaams Belang concernant la réduction de la TVA. Pour 82 % de la population, les 760 millions d'euros de mesures ont déjà été balayés par les récentes hausses de prix. La TVA et les droits d'accise spéciaux doivent être réduits et il faut, avec le gouvernement flamand, faire en sorte que nos concitoyens paient uniquement pour la production et le transport de leur énergie.
Melissa Depraetere: Il est positif que le gouvernement mène les discussions, car le temps presse. Il est exact que le gouvernement flamand dispose d'un large pouvoir d'action, mais nous prenons en tout cas également nos responsabilités à l'échelon fédéral. Le premier ministre n'exclut pas une réduction de la TVA, ce qui est positif, car il s'agit d'une solution très rapide. S'il faut procéder à la belge, avec une autre proposition, nous l'adopterons également.
Peter Mertens: Si l'on avait donné suite à nos propositions il y a plusieurs mois, nous serions beaucoup plus avancés aujourd'hui. Si l'on prend en considération les partis qui se prononcent aujourd'hui en faveur d'une réduction de la TVA, nous atteignons 76 sièges sur 150, c.-à-d. une majorité. La bonne nouvelle est que nous voterons tout à l'heure une proposition visant à réduire effectivement la TVA.
François De Smet: Monsieur le premier ministre, je vous remercie pour votre réponse.
Oui, bien sûr, ces mesures devraient être ciblées et devraient être finançables par l'État. Vous avez raison de le dire.
Je voudrais rebondir sur le début de votre intervention, lorsque vous dites qu'une grande part de cette hausse est due à des facteurs internationaux. C'est très vrai.
Vous avez même dit avec exactitude que nous pouvons nous rendre moins dépendants, en isolant – c'est en grande partie du ressort des Régions –, en allant vers l'énergie renouvelable, mais aussi en faisant un bon choix d'énergies de transition.
Vous avez choisi les centrales au gaz plutôt que l'atome. Vous allez donc accroître en grande partie notre dépendance aux fluctuations des prix énergétiques en fermant les centrales nucléaires dès 2025, alors que nous aurions pu nous prémunir d'une série de hausses pour dix, quinze ou vingt ans. Et ça, c'est tout de même fort dommage!
Je vous remercie toutefois pour votre réponse et pour vos futures actions, monsieur le premier ministre.
Kim Buyst: Le gouvernement fédéral a déjà pris des mesures décisives et il est temps que le gouvernement flamand apporte sa contribution. Tout le monde doit pouvoir payer ses factures, y compris la classe moyenne. Il convient donc de prendre des mesures sans tarder et de protéger en permanence les plus vulnérables.
Malik Ben Achour: Monsieur le premier ministre, nous avons impérativement besoin de clarté et d'ambition sur les mesures envisagées et nous devons agir rapidement. Je répète que le Parti Socialiste reste ouvert sur la nature des mesures (baisse de TVA, chèque énergie, etc.) tant qu'elles visent à soutenir la grande majorité de nos concitoyens, sans favoriser – parce que ce serait socialement injuste – la catégorie la plus riche de la population.
Les actions du gouvernement ont déjà permis de réduire la facture énergétique de près d'un ménage sur cinq. Vous l'avez dit. Mais il nous faut aller plus loin aujourd'hui. Il n'est plus question de simplement faire preuve d'ambition. Il est aussi question de faire face frontalement aux risques concrets qui planent sur la population. La population, ce sont les infirmières, les institutrices, les employés de PME, les pensionnés, etc.
Je répète que nous plaidons pour que le gouvernement étudie à fond la mise en place d'un chèque énergie et avance également sur la prolongation du tarif social au-delà du mois de mars.
Florence Reuter: Monsieur le premier ministre, je vous remercie.
Je suis quelque peu rassurée car s'il y a effectivement urgence pour aider les ménages, il ne faut pas confondre urgence et précipitation. Le MR plaide pour des mesures durables, structurelles, c'est-à-dire sur la durée et non pas des mesures one shot qui, je le répète, ne résoudraient rien.
Ce que nous voulons, c'est un mécanisme structurel qui permette, par exemple, de diminuer les prélèvements sur les factures énergétiques quand le besoin s'en fait ressentir, tant au niveau du fédéral que des Régions. Je pense que nous pouvons nous rejoindre sur ce point.
Vous ne m'avez pas communiqué de chiffres clairs sur les déclarations concernant la baisse de TVA. Je comprends que c'est dû au fait que la décision n'est pas prise et qu'une réflexion approfondie doit encore être menée. Il faut savoir raison garder et essayer de trouver des solutions durables et efficaces sur la durée pour tout le monde.
Steven Matheï: S'il est positif que le premier ministre ait lancé un appel à l'adresse des autres gouvernements, il n'en reste pas moins que nous devons nous concentrer sur les mesures que nous pouvons prendre nous-mêmes. Nous soutenons la demande du premier ministre en faveur de mesures temporaires et ciblées. Nous estimons également qu'il est important que les classes moyennes bénéficient d'aides. Nous voulons surtout que ce soutien soit fourni rapidement. Un abaissement temporaire et conditionnel de la TVA répond à ce besoin.
Christian Leysen: Le marché de l'énergie est soumis à des fluctuations. Des mesures spécifiques et temporaires, donc si possible pas génériques, peuvent être prises dans des circonstances exceptionnelles. Il n'est pas certain que l'abaissement du taux de TVA constitue la meilleure mesure. Nous préférerions assister à un abaissement des charges sur le travail plutôt qu'à une réduction des charges sur la consommation. Nous devons aider les citoyens à absorber les chocs, y compris à long terme. Nous devons les exhorter à modérer leur consommation d'énergie, notamment par des investissements dans l'efficacité énergétique.
Maxime Prévot: Monsieur le premier ministre, je vous remercie pour votre réponse.
Vous allez avoir du pain sur planche, déjà pour dénouer la grande diversité des approches des partenaires au sein de votre coalition. Mais s'il vous plaît, prenez une mesure rapidement, une mesure efficace, mais également une mesure qui rappelle qu'en Belgique, il n'y a pas que des citoyens vulnérables, des chômeurs, des allocataires sociaux et des bénéficiaires du CPAS qu'il faut protéger! Il y a aussi des Belges qui bossent et qui même en bossant ont de faibles revenus et ont aussi besoin d'être aidés pour ne pas être sans cesse cette classe moyenne des citrons pressés. Il est temps d'avoir une action qui tienne aussi compte du pouvoir d'achat des travailleurs à bas salaires et pas uniquement de celles et ceux qui bénéficient du tarif social. Je vous exhorte à le faire parce qu'avec la politique énergétique que vous avez définie et la (…), on n'est pas près de clôturer le débat sur l'envol des prix de l'énergie.
Bert Wollants: Il est clair qu'il n'y a pas d'accord et tout le monde y va de sa proposition. Le premier ministre renvoie à une série de mesures de l'État fédéral qui permettent aux personnes qui font partie de ces 82 % de payer 6 euros de moins par ménage cette année. Il doit donc prendre d'urgence des mesures à court terme qui auront une incidence sur la classe moyenne, mais je crains qu'elles connaissent le même destin que le dossier de la sortie du nucléaire, à savoir une succession de reports.
Samuel Cogolati: Monsieur le premier ministre, je vous remercie pour vos réponses.
À très court terme, nous sommes d'accord, il faut absolument venir en aide à tous les Belges, y compris la classe moyenne, pour les protéger contre cette envolée vertigineuse des prix du gaz et de l'électricité.
J'aimerais tordre le coup à un vilain cliché. J'ai entendu parler de la sortie du nucléaire et je souhaite rappeler que si nous faisons face à une envolée des prix de l'électricité sur tout le marché européen et pas seulement en Belgique, c'est aussi parce que trois des plus gros réacteurs nucléaires français ont des délais de maintenance qui sont soit prolongés soit inattendus. Il faut quasiment arrêter tout le parc nucléaire français. Je le dis franchement: ce qui va nous protéger aujourd'hui, c'est d'investir dans les sources d'énergie renouvelable, dont le prix ne cesse de baisser depuis dix ans de manière constante.
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